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Quartier Bellecroix

Bellecroix, là-haut, sur la colline. Ce quartier de Metz ne manque pas de particularités, perché et dominant le reste de la ville, dont la porte des Allemands et le boulevard de Trèves sont la principale porte d’entrée. Tout paraît près, le centre-ville, à 5 minutes de voiture, à peine 10 ou 15 de bus, une vingtaine de minutes à pied pour arriver quartier des Allemands ou place Saint-Louis. Saint-Julien et ses complexes de loisirs sont juste de l’autre côté, la clinique Claude Bernard est au pied du versant opposé. Vallières, la Corchade, sont des quartiers limitrophes.

On ne peut pas dire que le quartier soit mal desservi : « Il y a un bus, la ligne 1, qui passe toutes les 10 ou 15 minutes. Il y a des pistes cyclables. Et avec la passerelle, qui n’est peut-être pas assez mise en valeur ou connue, on est à pied en ville assez rapidement », explique un habitant qui vit depuis vingt ans dans le quartier.

Une des principales caractéristiques de Bellecroix, c’est sa mixité. On y trouve de l’habitat résidentiel, des petites maisons, qui côtoient des barres d’immeubles, des logements HLM. Une mixité apparente en tout cas. « Jusque rue de Stoxey, rue de Lyon ou même rue du Jura, on est encore dans du résidentiel. A partir du collège Jules Lagneau, on est davantage dans la cité. Et les deux publics ne se côtoient pas forcément, il existe une frontière invisible », raconte notre habitant historique. Une sensation renforcée par le manque de réels lieux de rencontres, de cafés, de sphères de vie commune. Nous y reviendrons un peu plus tard.

« Sauf devant l’école. » C’est la force et l’avenir du quartier, sa jeunesse. Trois écoles primaires, deux écoles maternelles, et un collège qui accueille des élèves venant jusque d’Ars-sur-Moselle et d’autres villages environnants. Que ce soient les enfants en classe ou dans la cour de récréation, ou les parents à la sortie des établissements, c’est là que les différents milieux sociaux se rencontrent, échangent entre eux. La présence de l’Institut Régional d’Administration ouvre également un peu plus le quartier vers l’extérieur.

Plusieurs évolutions positives ont été relevées ces dernières années : « Le réaménagement du Fort et du parc, du boulevard de l’Europe, les pistes cyclables… On nous a aussi construit une super mairie de quartier et une belle bibliothèque », soulignent plusieurs habitants du quartier, jeunes mamans ou travailleurs célibataires. Le parc permet notamment de belles balades, la verdure est bien présente à Bellecroix. Niveau commerces, on trouve ce qu’il faut, boulevard de l’Europe justement, avec le Lidl, Thiriet, une pharmacie, un bureau de tabac, une épicerie, un coiffeur, un kebab. Des services comme la Poste sont encore présents au cœur du quartier, contrairement à d’autres secteurs de la ville. « Mais on a parfois l’impression qu’il y a tout de même un manque d’entretien, d’abandon par endroits. Les réseaux aériens quadrillent le ciel. Les espaces verts ne sont pas assez valorisés. Ce quartier a plein d’atouts mais quand on y vit on a le sentiment d’être ignoré. Certaines salles de classes dans les écoles, le gymnase, le local de la Poste, la voirie sur certaines rues… », précise un autre habitant. « Sur la Poste, il faut rester vigilant sur les plages horaires proposées et le service rendu. C’est un service indispensable à la population, surtout dans un quartier assez peuplé comme ici », poursuit-il. « Pour les écoles, c’est la même chose, certaines installations, comme la maternelle du Clair Matin, se dégradent. » Ce dernier regrette également que les élèves de maternelle soient obligés de monter dans un bus pour aller manger à la cantine aux Hauts-de-Vallières.

Mais ce qui manque le plus finalement, c’est un véritable lieu de vie commun. A part un petit bar, boulevard de l’Europe, il n’y a à peu près rien. L’ancien centre-commercial face à la mairie de quartier, tombé en désuétude, véritable verrue au milieu des immeubles et prisé des petits trafics, va être détruit. Ce lieu représente une opportunité unique pour la Ville, qui peut en faire un nouveau poumon pour tout le quartier. Cafés ? Restaurants ? Commerces de proximité ? Quelles que soient les idées privilégiées, ce point central doit devenir un lieu de rassemblement pour tous les habitants.

La mixité pourrait être davantage encouragée, même si elle est toujours plus facile à décréter qu’à réaliser concrètement. « Il existe des associations, qui travaillent et font leur boulot. Mais, dans le quartier en tout cas, il y a un aspect communautaire prégnant », témoigne un de nos interlocuteurs. Du côté du club de football, les animateurs travaillent toute la semaine avec les enfants et les jeunes. L’initiative de la crèche de nuit fonctionne. D’autres choses peuvent encore être faites dans ce domaine, avec les acteurs sur le terrain. Créer et entretenir une cohésion entre toutes les associations déjà existantes, accompagner les nouvelles à se développer (la trucothèque en fait partie), représente un enjeu majeur sur le secteur.

C’est notre volonté : réunir tous les acteurs associatifs, les habitants, les enseignants, assistantes maternelles, commerçants, afin de réfléchir à ce qui pourrait améliorer la vie de ce quartier, perché sur les hauteurs. A la fois si proche du reste de la ville, et qui semble dans le même temps un peu à l’écart. Nous, nous sommes convaincus que Bellecroix a toute sa part à prendre dans le développement et dans le rayonnement de notre métropole.

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